La boite à outils de la Coalition

Découvrez une série de publications pédagogiques, conçues pour présenter de manière claire et synthétique les interventions, concepts clés et pistes d’action discutés lors de la  journée du 7 mars 2025.

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Sommaire

Le 7 mars 2025, lors de notre journée d’étude «Genre, violence et justice : Vers un référentiel commun pour une meilleure protection des victimes», nous avons réuni chercheur·e·s, professionnel·le·s, acteur·rice·s institutionnel·le·s et travailleur·euses de terrain. Cette rencontre a permis d’analyser les mécanismes individuels, systémiques et institutionnels qui entravent encore aujourd’hui une prise en charge juste, cohérente et protectrice.

Afin de prolonger ces échanges et de rendre ces notions accessibles au plus grand nombre, nous vous proposons une série de publications pédagogiques, conçues pour présenter de manière claire et synthétique les interventions, concepts clés et pistes d’action discutés lors de cette journée.

Outil 1

Et si l’intérêt supérieur de l’enfant n’était pas toujours… dans son intérêt ?

Ce principe, pourtant central dans les textes et les discours, n’offre aucune garantie réelle que les droits fondamentaux de l’enfant seront respectés.

Réf. Anne Catherine Rasson « changement sociétal dans la prise en charge des enfants victimes de violences » lors de la journée d’étude de la coalition le 7 mars 2025.

Vous pouvez également consulter ses travaux dont sa thèse :  « La vulnérabilité de l’enfant et la justice constitutionnelle », thèse de doctorat à paraître chez Larcier en 2026.

Outil 2

Violences post-séparation : une réalité encore trop méconnue

La séparation ne met pas fin aux violences conjugales. Pour de nombreuses femmes et enfants, elle inaugure une nouvelle phase où le contrôle et les menaces se réorganisent autrement. Ce carrousel est basé sur des travaux de la professeure Patrizia Romito sur les violences post-séparation.

Réf. Conférence de Patrizia Romito, « Femmes et enfants dans la violence post-séparation » lors de la journée d’étude de al Coalition le 7 mars 2025. Patrizia Romito est professeure de psychologie sociale à l’Université de Trieste en Italie.

Outil 3

Le concept d’aliénation parentale, un pseudo syndrome

Le concept d’aliénation parentale brouille notre regard sur les violences. Il est temps de changer de lunettes !

Dans de nombreuses situations, ce sont les mères qui, en signalant les violences de leur ex-conjoint, se retrouvent discréditées, voire pénalisées dans les décisions de garde. Leur parole est renvoyée à des notions floues et non validées scientifiquement :

  • Mère fusionnelle
  • Syndrome d’aliénation parentale (SAP)

Cessons de regarder avec des lunettes floues. Adoptons des outils d’analyse qui rendent les violences visibles et permettent de protéger réellement.

Outil 4

La co-parentalité ne peut pas être un idéal déconnecté de la réalité.

Quand les violences ne sont pas prises en compte, elles continuent : dans les procédures, dans les échanges, dans l’espace intime des enfants.

Chaque année :

  • 100 féminicides conjugaux,
  • 1200 tentatives de féminicide,
  • 114 enfants orphelins.

Ces chiffres ne sont pas des exceptions : ils révèlent un système qui invisibilise les violences et traite les parents comme s’ils étaient égaux.

Réf. Conférence d’Andréa Gruev-Vintila « Regards sur les fondements de la co-parentalité » lors de la journée d’étude de la Coalition, mars 2025. Elle docteure en psychologie et maîtresse de conférences HDR en psychologie sociale à l’Université Paris Nanterre.

Outil 5

Le contrôle coercitif, un système qui enferme.

Il n’a pas besoin de coups pour être destructeur : il agit dans la durée, fragilise la victime, réduit ses ressources, organise son isolement.

Les comportements chez la victime qui semblent “incohérents” de l’extérieur sont souvent des réponses de survie : hypervigilance, dissociation, soumission…

Les professionnel·le·s doivent pouvoir lire ces signaux pour mieux accompagner, protéger sans minimiser.

Lors de la journée d’étude du 7 mars, Marie Denis et Céline Rossini ont rappelé combien il est essentiel de rendre visibles ces violences invisibles.

Réf. Conférence « Définir le contrôle coercitif et mobiliser cette notion » de Marie Denis (psychologue clinicienne, OFVFF) et Céline Rossini (chargée du développement et du transfert des connaissances, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales), lors de la journée d’étude de la Coalition, mars 2025.

Outil 6

Droits de garde et violences post-séparation

Les violences post-séparation ne relèvent pas de l’exception. Elles constituent un enjeu majeur de protection de l’enfance et de cohérence des pratiques judiciaires et psycho-sociales. 

Ce carrousel synthétise le travail de deux expertes, Hélène Romano et Agathe Willaume, autour d’un constat central : la séparation ne met pas fin aux violences, elle en transforme les modalités et en expose directement les enfants. 

Parce que penser les besoins des enfants doit devenir un principe transversal, il est urgent de se demander : quelle place vos pratiques accordent-elles à la parole de l’enfant lorsqu’il existe un historique de violence ?

Réf. Condérence « Enjeux des droits de garde et violences post-séparation » de Hélène Romano, Dr en psychopathologie-HDR, Dr en droit privé et sciences criminelles et Agathe Willaume, Directrice at Citad’elles et créatrice de la la Clinique du Lien au SMAJ, lors de la journée d’études de la Coalition, mars 2025.

Outil 7

Pourquoi la justice peine-t-elle encore à protéger les femmes et les enfants victimes de violences ?

Lors de notre journée d’étude « Genre, violences et justice », Françoise Triffaux (Cour d’appel de Liège) et François Lavallière (Tribunal judiciaire de Rennes) ont dressé un constat clair :

  •     Les procédures pénales, familiales et jeunesse fonctionnent en silos.
  •     Les informations essentielles ne circulent pas entre magistrats.
  •     Les professionnel·le·s manquent encore de formation spécifique.
  •     Les enfants restent les grands oubliés des décisions.
  •     Les dispositifs innovants restent trop confidentiels et sous-financés.

Et pourtant :
là où des chambres spécialisées existent, 80 % des situations évoluent positivement.
Une justice mieux formée, mieux coordonnée et mieux financée protège réellement.

Pour transformer le système, il faut une vision claire, des moyens, et une reconnaissance institutionnelle des violences intrafamiliales.

Réf. Les conférences « Constats et perspectives » de Françoise Triffaux (Cour d’appel de Liège) et « Violences intrafamiliales : dispositifs judiciaires et enjeux » de François Lavallière (Tribunal judiciaire de Rennes, Sciences Po Rennes), lors de la journée d’étude de la Coalition, mars 2025.

Outil 8

Un atelier pour déconstruire les idées reçues

Dans nos pratiques, trois fausses idées continuent d’entraver la protection des femmes et des enfants victimes de violences :

  • « L’enfant n’est qu’un témoin »
  • « Un conjoint violent peut être un bon père »
  • « La mère n’a pas su protéger »

Ces représentations sont dangereuses : elles invisibilisent l’agresseur, culpabilisent la mère et empêchent une lecture correcte des dynamiques d’emprise.

À travers notre journée d’étude, nous avons travaillé collectivement sur des pistes concrètes pour améliorer l’accueil, l’écoute et l’accompagnement.

  • évaluer le risque dès le premier contact
  • documenter les schémas de violence
  • mettre en lumière les conséquences pour l’enfant
  • renforcer la transversalité entre professionnel·le·s
  • sortir les victimes de l’impuissance

Pour mieux protéger, il faut d’abord voir et nommer.

Réf. Atelier « Contrôle coercitif » animé lors de la journée d’étude de la Coalition, mars 2025. La Coalition Justice & Égalité de Genre poursuit ce travail essentiel pour transformer les pratiques et renforcer la sécurité des familles.

Outil 9

Un atelier pour mieux protéger les enfants

« L’intérêt supérieur de l’enfant » : un principe fondamental, mais trop souvent dévoyé. On l’invoque pour justifier des placements, des enfermements, des décisions intrusives… Mais protéger un enfant, ce n’est pas parler à sa place :

c’est reconnaître ses droits, ses besoins et son vécu réel.

Tant que la famille restera perçue comme une « zone de non-droit », une black box hors du regard social, les violences intrafamiliales continueront à être invisibilisées — au détriment des enfants.

💡 La loi belge « Stop Féminicide » (2023) marque un tournant majeur :

  • définition du contrôle coercitif,
  • prise en compte des violences économiques,
  • perspective de genre,
  • reconnaissance des enfants comme victimes,
  • nouveaux droits pour porter plainte,
  • meilleure protection des personnes vulnérables.

Une avancée essentielle.

Mais un rappel aussi : la protection des enfants exige de sortir des mythes, de voir ce qui se joue dans l’espace familial, et de replacer leurs droits au centre.

Ref. Atelier « Droits de garde en contexte de violences post-séparation » animé lors de la journée d’étude de la Coalition, mars 2025.

La Coalition Justice & Égalité de Genre continue de travailler pour que ce principe devienne une réalité dans chaque décision.